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2021, quelle confiance accorder au Nutriscore ?

Au 1er janvier 2021, le Nutriscore devient obligatoire sur tous les supports publicitaires de produits alimentaires transformés.

Logo Nutriscore

Cet indicateur devient incontournable et familier. Le consommateur ou consom’acteur peut s’interroger sur l’origine de ce logo, sa signification et l’intérêt qu’il peut présenter.

La nutrition est un sujet toujours très convoité. Et dans ce domaine qui touche à la santé, de nombreuses applications se concurrencent pour essayer de délivrer un « avis ».

La classification NUTRISCORE

L’initiateur du Nutriscore

Santé publique France, sous tutelle du ministère de la santé a créé le logo Nutriscore en 2017.

L’objectif est de simplifier la compréhension de l’étiquetage pour évaluer les produits alimentaires avec une perspective de réduire le surpoids, le diabète, les maladies cardiovasculaires, …

Comment un produit est-il évalué ?

A partir de données listées dans un tableur en libre accès, un algorithme calcule le score d’un produit selon sa teneur :

  • en « bons nutriments » (fruits, légumes, fibres, protéines, légumineuses, fruits à coque, huile de colza, huile d’olive)
  • en « mauvais nutriments » (gras, sucres, sel, calories…) pour 100g sec ou égoutté.

Le Nutriscore concerne seulement les produits transformés. Sont exclus les boissons alcoolisées et les produits lyophilisés ou déshydratés (soupes, boissons chocolatées à reconstituer).

La Lecture du score

Chaque lettre est associée à une couleur :

  • A et B : Les produits sont plutôt équilibrés et peuvent être consommés très régulièrement,
  • C et D : Les produits sont à consommer en quantité modérée,
  • E : Les produits sont les moins équilibrés et doivent idéalement être consommés occasionnellement.

Les points forts

Nutriscore attribue une note d’orientation pour les consommateurs. La lecture est ultra simple, rapide et efficace.

Pour les personnes atteintes de surpoids, de diabète , …le Nutriscore « dégrossit le terrain » dans le domaine des aliments transformés.

Les points faibles

La notion de qualité du produit se réduit à une liste restreinte ingrédients. Le calcul de la note Nutriscore écarte les aspects suivants :

  • les additifs : conservateurs, colorants, exhausteurs de goût, agents texturants…,
  • les vitamines, les minéraux  et oligo-éléments ajoutés dans les aliments (sauf le sodium – Na),
  • la taille des portions,
  • les informations nutritionnelles mesurées après cuisson (pour indiquer par exemple, l’indice glycémique des aliments tels qu’ils seront consommés),
  • le mode de production et le degré de transformation des aliments.
  • le type de graisses (saturées ou trans, le type est indifférencié),
  • la teneur des huiles en oméga-6, oméga-3 ou le ratio entre les deux reconnu bénéfique,
  • la nocivité des matériaux d’emballage aluminium, plastique, particules toxiques diverses,
  • la présence de pesticides, d’O.G.M. et insecticides.

Le Nutriscore a la prétention de résoudre les problèmes de santé publique et ne prend en compte tous les composants nécessaires à l’élaboration du produit.

Alors quelle confiance peut-on accorder à Nutriscore ?

Certains consommateurs méfiants redoutent que la loi s’assouplisse pour des entreprises qui préfèreraient échapper à l’obligation du Nutriscore en versant une contribution financière à la place.

En revanche, les fabricants pourraient modifier leur formulation afin d’obtenir un meilleur score par des biais : Un aliment enrichi en fibres, des sucres remplacés par des édulcorants de synthèse.  Ces modifications ne représentent pas une véritable avancée vers la lutte contre l’obésité et ses pathologies associées.

Parmi les constatations, notons que certains produits ne sont pas étiquetés comme nocifs.

Quelle surprise ! Pour les « chips sans sel« , Nutriscore accorde sa meilleure note : A.

Ce sont des chips tout de même !

Avec un tel classement, la consommation de ce produit va inévitablement être propulsée alors qu’il contient 34g de matières grasses pour 100g de chips. (dont 3g de graisses saturées).

Un Soda light est mieux noté que des sardines à l’huile :  les édulcorants attribuent de bons points et Coca Light est classé B pour sa faible teneur en sucre, malgré la présence d’additifs comme le caramel de sulfite d’ammonium (E150d), l’acide orthophosphorique (E338), d’acésulfame K (E950) et d’aspartame (E951). Ces additifs sont pourtant suspectés d’avoir un impact négatif sur la santé.

Nutriscore donne une orientation unique sur ce qu’il convient de consommer. Cependant, ces préparations alléchantes enrichies en fibres, hyper-protéinées ou chargées d’additifs ne peuvent pas convenir à tout le monde. C’est oublier les fragilités digestives des uns, des besoins nutritionnels particuliers des autres, les allergies, les intolérances …

Nutriscore : du point de vue du naturopathe

Du point de vue du naturopathe, la qualité d’un aliment passe forcément par la notion d’intégrité du produit : Moins l’aliment est transformé ou conservé, meilleur il sera pour notre organisme.

Avec Nutriscore, une chose est sure : Quelle que soit la note, il s’agit toujours d’un aliment transformé qui présente peu ou pas d’intérêt nutritionnel. Le consommateur doit rester vigilant et continuer à bien lire l’étiquetage.

Si tentés de vous fier à d’autres classements, je vous propose ci-dessous quelques présentations rapides des différentes alternatives au Nutriscore (qui n’accordent d’ailleurs pas les mêmes valeurs aux sodas[1]4 : pour NOVA et 7 pour SIGA.).

N’hésitez pas à réagir en commentaire sur vos expériences ou votre ressenti sur le sujet.

Belle Journée à vous

Voir Index glycémiques


Annexes : Les autres classifications

Face aux méfaits de l’hyper-industrialisation de l’alimentation, les consommateurs ont le sentiment de perdre le contrôle. Face à ces inquiétudes, les indices, les labels, les applications pour smartphone fleurissent de toute part et se targuent de donner de la lisibilité, de la transparence pour nous rassurer.

Un même produit peut être bien noté d’un côté et mal de l’autre. Les critères et les objectifs sont variables. Voici quelques indications pour tenter de s’y retrouver

Classification Nova

Échelle nova allant de 1 (vert) à 4 (rouge)

La classification NOVA, pionnière et mondialement connue, est née en 2010 au Brésil. Partant de l’observation d’une augmentation de l’obésité, un groupe de travail en santé publique a proposé cet outil pour revenir à des pratiques alimentaires moins transformées.

Le principe de cette classification met en avant l’aliment « entier ». L’intégrité de l’aliment est bénéfique car ses composants intacts interagissent entre eux et rendent les nutriments biodisponibles (assimilables).

Pour NOVA, les ajouts de sucre, sel et graisses sont pénalisés, de même que les additifs, colorants et procédés de transformation (lyophilisation, déshydratation, irradiation, …) qui pourraient avoir eux aussi un effet défavorable sur la santé.

La Lecture du score NOVA

NOVA propose quatre segments selon le degré de transformation.

Groupe 1 : Aliments peu ou pas transformés
  • Graines, fruits, feuilles, tiges et racines de végétaux, dont fruits et légumes frais, jus pressés.
  • Produits animaux, viande (muscle), œufs, lait.
  • Ces produits peuvent avoir été cuits, fermentés, pasteurisés, congelés.
Groupe 2 : Ingrédients culinaires
  • Huile, beurre, sucre, sel. Ils sont souvent extraits d’aliments du groupe 1.
Groupe 3 : Aliments transformés
  • Aliments du groupe 1 auxquels on a ajouté des aliments du groupe 2, par exemple, des fruits au sirop sucrés.
Groupe 4 : Aliments ultra-transformés
  • Recettes fabriquées à partir d’extraits d’aliments et d’additifs, à faible teneur en aliments du groupe 1 commes les boissons sucrées, biscuits sucrés et salés, jambon de poulet.
Source: www.dur-a-avaler.com

Points Forts

Le groupe 4, « aliments ultra-transformés » retient l’attention par le message transmis : la prise élevée de cette catégorie est associée à différents troubles de santé.

Points Faibles

NOVA propose quatre segments selon le degré de transformation : Cette classification n’est pas toujours pertinente. Les recettes avec beaucoup d’ingrédients sont vite mal notées, même avec peu d’additifs ou de sucres ajoutés . Une compote multi-fruits se retrouve classée 4 tandis que Nutriscore attribue un A. La différence entre les produits médiocres et les produits « nocifs » n’est pas mésurée.

La classification NOVA est un indicatif qualité-santé qui pourrait s’affiner davantage.

L’application Open food facts (OFF)

L’association française indépendante, Open Food Facts créée par un informaticien en 2012, souhaitant communiquer des indications sur une alimentation saine et durable. La base de données s’enrichit par les contributeurs (fabricants ou consommateur) volontaires et bénévoles qui créent un compte. Chaque fiche produit créée est modifiable et l’historique est tracé.

L’application OFF fournit aux particuliers comme aux concepteurs de logo ou d’applications la liste des ingrédients de produits du monde entier.

La lecture des Scores OFF

OFF affiche les notes calculées par Nutriscore et NOVA.

Le « + » de l’application OFF se résument à 4 icônes correspondants à 4 notions :

  • Végétarien.
  • Végétalien.
  • Huile de palme.
  • Allergènes.

Sur ce dernier point, OFF propose de paramétrer un ou plusieurs allergènes à notre convenance.

Points Forts / Faibles OFF

Open Food Fact détient une base de données très large en open source. Il propose généralement la fiche du produit scanné. A nous les consom’acteurs de participer.

En revanche, OFF copie-colle les classements Nutriscore et NOVA avec les mêmes défauts. On pourrait imaginer qu’à l’avenir, cette application s’enrichisse d’autres scores et propose davantage d’icône.

L’application SIGA

La petite dernière de 2020 : SIGA se pose la question de la structure de l’aliment, appelée la matrice qui a un impact direct sur la façon dont il est métabolisé par l’organisme. Siga considère la composition mais aussi la transformation des aliments.

SIGA évalue selon 3 critères

  • Le degré de transformation ( réglementation européenne)
  • L’évaluation du risque ( avis OMS, EFSA, ANSES)
  • Seuils nutritionnels de gras, sucres et sel (FSA)

Plus le produit est « authentique » mieux il est noté.

Les données d’étiquetages fournies sont issues de Open Food Facts.

Enfin, un bouton permet de demander l’évaluation d’un produit lorsqu’elle n’a pas encore été faite.

La lecture du score SIGA

Les Aliments sont classés dans les catégories suivantes :

  1. Non transformés : les produits bruts.
  2. Peu transformés : a subit un processus simple de pressage ou de cuisson.
  3. Transformés équilibrés : avec ajout de sel, de sucre ou de gras comme à la maison.
  4. Transformés gourmands : à teneur élevée de sel, de sucre ou de gras.
  5. Ultra transformés équilibrés : qui contient au moins un Marqueur d’Ultra Transformation (MUT[2]ingrédient purifié ou dénaturé par un procédé de « cracking » ou de synthèse chimique qui modifient la matrice alimentaire de l’ingrédient d’origine. Les substances ainsi … Continue reading).
  6. Ultra transformés gourmands : très riches en gras, sucres ou sel.
  7. Ultra transformés à limiter : très déséquilibrant, à consommer très exceptionnellement.

   Médaille d’or : Ce produit est le meilleur dans sa catégorie

   Médaille d’argent : Ce produit est parmi les meilleurs de sa catégorie

Exemple de dénaturation : Les levures biologiques deviennent des Extraits de levure (MUT) par hydrolyse.

Exemple de Purification : Le lait est à l’origine des Protéines de lait (MUT) par ultra filtration.

Points Forts SIGA

SIGA a une vision scientifique pour élaborer son classement et s’appuie sur des recommandations et réglementations d’organismes reconnues.

Points Faibles SIGA

Très récente, la couverture de la classification SIGA est encore peu étendue. Les demandes d’évaluation n’ont pas un retour immédiat.

Ni la qualité du produit ni l’origine ne sont prises en compte. D’ailleurs, un produit bio et fabriqué en France n’est pas mieux noté.

L’application YUKA

Créée en 2017, la classification YUKA est axée sur la qualité nutritionnelle et la présence d’additifs.

YUCA évalue 500 000 aliments et 300 000 cosmétiques avec une note sur 100 et un code couleur : vert pour l’excellence et Rouge pour le produit à rejeter.

La lecture du score YUKA

La note s’appuie pour :

  • 60% sur l’algorithme de Nutriscore,
  • 30% la présence d’additifs
  • 10% sur la notion d’agriculture biologique.

Points Forts/Faibles YUKA

La note YUKA s’appuye une fois de plus sur Nutriscore avec les mêmes repères nutritionnels. L’application ne dresse pas non plus la liste des composants.

Par contre, l’absence de toxique et d’additif ré-hausse la note.

Moyennant 15€ par an, l’application propose des alertes sur certains allergènes, de l’info sans connexion et ou rechercher sans code-barre.

Mon petit doigt me dit que YUKA cherche à enrichir prochainement son service.

L’application Buy Or Not

L’association à but non lucratif I-Buycott existe depuis 2018 avec comme objectif de consommer sain et responsable sans collecter  les données de ses utilisateurs pour les revendre.

La lecture BUY OR NOT

Comme Yuka, l’application Buy Or Not établit son classement sur le Nutriscore, avec des notes allant de A à E. A cela, elle affiche le score NOVA (notion de transformation) et ajoute « l’incidence sociale » des aliments. C’est-à-dire que l’application informe le consommateur des scandales environnementaux ou sociaux dont le fabricant s’est éventuellement rendu coupable. Buy or not fournit également des suggestions de produits alternatifs à ceux mal notés.

Points Forts/Faibles BUY OR NOT

Face aux géants de l’industrie agroalimentaire, Buy Or Not donne une dimension écologique à la consommation.

C’est quoi ce produit ?

C’est qui le patron a donné naissance à C’EST QUOI CE PRODUIT ? en novembre 2019.

Il s’agit d’une application participative alimentée et paramétrée par des consommateurs utilisateurs et encadrée par une démarche citoyenne.

L’utilisateur peut exclure des ingrédients dont il ne veut pas : gluten, E150, huile de palme, etc. Les produits en contenant seront d’office notés zéro.

La note de C’EST QUOI CE PRODUIT ? est prévue pour être personnalisable : les utilisateurs attribuent un coefficient d’importance pour 7 critères qui sont :

  • la qualité nutritionnelle du produit Nutri-score
  • le prix,
  • la qualité,
  • l’éthique,
  • le respect de l’environnement,
  • l’origine
  • l’appréciation des consommateurs sur le produit.

Le classement de C’EST QUOI CE PRODUIT ?

La note est un pourcentage  de compatibilité avec l’utilisateur qui ajuste ses attentes sur  sept curseurs.

Points Forts/Faibles C’EST QUOI CE PRODUIT ?

Sur le plan nutritionnel, on reste sur du Nutriscore. Cette application paraît séduisante pour tous les autres aspects. A tester.

Mon assistant conso

Le magazine 60 millions de consommateurs édité par l’Institut national de la consommation vient de lancer une opération de « crowdfunding », = financement participatif, pour le développement d’une appli d’aide au choix pour le consommateur.

L’application 60 millions de consommateurs souhaite aussi proposer une évaluation de deux types de risques des produits : toxicologiques et environnementaux.

Ainsi, l’application va noter les cosmétiques, la nourriture et les produits ménagers, sur lesquels les spécialistes de 60 millions de consommateurs ont fait de vastes études.

Le classement de Mon Assistant Conso

Les produits alimentaires auront 2 notes :

  • Nutriscore
  • Note sur la toxicologie

Points Forts/Faibles Mon Assistant Conso

Les additifs, édulcorants et autres substances dangereuses seront mis en relief, études à l’appui. Sur le plan nutritionnel, le Nutriscore. Point.

References

14 : pour NOVA et 7 pour SIGA.
2ingrédient purifié ou dénaturé par un procédé de « cracking » ou de synthèse chimique qui modifient la matrice alimentaire de l’ingrédient d’origine. Les substances ainsi obtenues ont un potentiel santé détérioré par rapport aux ingrédients originels.

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